IA LIFE LINE

Méthode

Ce que ce corpus affirme, ce qu'il interprète, et comment la différence est rendue visible.

Deux lignes, pas une chronologie

La plupart des chronologies de l'intelligence artificielle racontent une succession de performances techniques. Celle-ci en raconte deux à la fois. La ligne machine documente ce que les systèmes ont appris à faire : 41 fiches. La ligne humaine documente ce que l'humanité en a fait — réceptions, controverses, conflits sociaux, décisions juridiques : 31 fiches.

Le sujet du projet n'est aucune des deux lignes prise séparément, mais l'écart entre elles. 26 fiches humaines sont reliées à la capacité dont elles sont l'écho, et le délai est calculé : dix ans entre ELIZA et l'alerte éthique de son propre auteur, soixante ans entre cet effet et sa reproduction industrielle, quelques semaines entre l'ouverture d'un assistant conversationnel et sa mise à l'index par des établissements scolaires. Une réception peut aussi précéder la capacité : le trouble de Kasparov est daté d'un an avant sa défaite.

Quatre niveaux de preuve

Chaque fiche déclare le statut de ce qu'elle affirme. Ce statut est visible sur la fiche, sur la carte de partage, et dans le fichier de données.

Fait établi
Vérifiable contre les sources citées. La date, l'auteur et le contenu de l'événement ne font pas débat.
Interprétation éditoriale
Une lecture assumée des faits. Les sources établissent l'événement ; la portée qu'on lui donne engage le projet et non elles.
Controverse documentée
Sujet sur lequel des travaux sérieux divergent. 3 fiches portent ce niveau ; chacune comporte un bloc « contrepoint et limites » qui expose l'argumentation adverse. Le générateur refuse de publier une controverse sans contrepoint.
Hypothèse prospective
Aucune valeur prédictive. Les intervalles de dates qui figurent dans l'âge IX sont rapportés comme positions d'auteurs identifiés, à leur date d'énonciation, et ne sont pas repris à son compte par l'éditeur.

Une précision qui vaut pour toutes les fiches, y compris les mieux sourcées : les rubriques rupture et conséquence sont interprétatives par construction. Une source établit qu'un événement a eu lieu ; elle n'établit pas ce qu'il a changé.

Force documentaire des sources

150 références, correspondant à 132 sources distinctes, documentent 72 fiches. Corpus révisé le 20 août 2026. Chacune porte un grade indépendant du niveau de preuve de la fiche.

  • P1 Source primaire : publication originale, texte officiel, document d'origine, ouvrage, décision de justice.
  • P2 Institutionnelle : organisme public, université, organisation internationale, enquête d'opinion publiée.
  • P3 Recherche secondaire : synthèse, revue de littérature, encyclopédie. Acceptable en complément, jamais seule.
  • P4 Presse. Traitée comme secondaire, à une exception près : sur la ligne humaine, pour une fiche de réception, la presse contemporaine est la trace primaire de ce qui est décrit.

Quelle source justifie quelle phrase

Le niveau de preuve qualifie une fiche entière, ce qui reste grossier : un même paragraphe peut contenir un chiffre vérifiable, une projection attribuée à son auteur et une lecture éditoriale. Les fiches les plus sensibles — controverses documentées et hypothèses prospectives — portent donc une décomposition des affirmations : chaque énoncé y reçoit son statut et renvoie, lorsqu'il s'agit d'un fait ou d'une projection, à la source précise qui l'établit. Le générateur refuse de publier une affirmation de fait sans source, et vérifie que chaque extrait figure bien mot pour mot dans le corps de la fiche.

Ce que le générateur refuse de publier

Le corpus vit dans des fichiers de données, et le site est reconstruit à partir d'eux. La construction échoue — le site n'est pas produit — si une fiche est publiée sans source ni date de vérification, si une source est incomplète, si une URL porte un paramètre de suivi, si une controverse n'a pas de contrepoint, si un écho pointe vers une fiche inexistante, ou si une fiche porte les rubriques de l'autre ligne.

Un second contrôle, non bloquant, signale au rédacteur ce qui mérite un arbitrage : fiche appuyée uniquement sur des sources secondaires, formulation absolue sur une fiche non établie, date incohérente avec l'âge déclaré.

Repères de lecture

Certaines fiches portent un repère de lecture : une manière de lire l'information, jamais une décision à prendre. Distinguer l'exposition d'une profession de la suppression de postes, remonter à la source plutôt qu'au détecteur, vérifier la date d'application d'une disposition et non celle du texte entier. Le générateur refuse toute formulation prescriptive — aucun repère ne peut recommander d'acheter, d'investir, d'adopter ou de souscrire.

Rythme de mise à jour

Le corpus est révisé par trimestre, non en continu. Un événement n'entre pas parce qu'il a été annoncé, mais parce qu'il a franchi un seuil : adoption mesurée, changement juridique effectif, investissement matériel constaté, effet social documenté ou controverse publique durable.

Six contrôles conditionnent l'ajout d'une fiche : l'événement est-il datable ; à quelle capacité antérieure se rattache-t-il ; existe-t-il une source primaire ou institutionnelle précise ; de quel statut de preuve relève chaque affirmation ; quel effet humain est observable ; quelle conclusion trop simple faut-il écarter. Une fiche qui échoue à l'un de ces contrôles n'est pas publiée.

Une nouvelle fiche s'ajoute dans la période où ses effets deviennent observables. Elle n'entraîne pas de réécriture de la frise : elle se rattache au passé par un écho, pas par une refonte.

Corrections

Toute correction est publiée avec sa date, l'état antérieur du texte et la source qui a tranché. Le journal de révision en tient l'historique complet. Il contient notamment la réattribution de la rétropropagation à des travaux antérieurs de 1970 et 1974, la redatation du terme « intelligence artificielle » de 1956 à 1955, et la correction d'une affirmation de parité en reconnaissance vocale qui valait en réalité sur des tâches délimitées.

Toute personne physique ou morale citée peut demander une rectification ou exercer son droit de réponse. La procédure figure dans les mentions légales.

Ce que ce corpus ne fait pas

Il ne prédit pas. Il ne conseille pas. Il ne comporte aucune publicité ni lien d'affiliation, et n'en comportera pas : un site rémunéré par la vente d'outils d'intelligence artificielle ne peut pas traiter honnêtement du travail, des inégalités ou de la course industrielle. Il ne reproduit aucune source : il en donne la référence et le lien.